PSA franco-chinois : les Peugeot empochent 95 millions d'euros

Publié le par UNSA PSA

~~Si la famille perd le contrôle du groupe, l'augmentation de capital devrait in fine être une bonne affaire pour elle.

Publicité C'est fait. Depuis mardi, l'État français et le constructeur automobile chinois Dongfeng sont entrés au capital de PSA Peugeot Citroën, après avoir souscrit à une augmentation de capital réservée d'un montant cumulé d'un milliard d'euros. Conséquence: les administrateurs représentant Dongfeng et l'État ont fait leur entrée au conseil de surveillance. La première réunion s'est tenue mardi après-midi, sous la présidence de Louis Gallois. Il succède à Thierry Peugeot, qui exerçait cette fonction depuis 2002, et reste administrateur.

Actionnaires minoritaires

La famille Peugeot perd le contrôle qu'elle exerçait depuis plus d'un siècle sur la société. Elle se retrouvera avec 14,1 % du capital de PSA, un niveau identique à Dongfeng et l'État français. Pour se maintenir à ce niveau, les Peugeot devront vendre la plupart des droits qui lui ont été attribués pour compenser la décote entre le prix des augmentations de capital et le cours actuel de PSA. Paradoxalement, elle sera donc contrainte de faire une excellente opération financière, lui permettant de dégager environ 95 millions d'euros d'ici les trois prochaines années. Thierry Peugeot, ex-président du conseil de surveillance du groupe PSA. Les augmentations de capital, qui ont eu lieu ou qui sont en cours, se font à un prix d'émission pour les actions nouvelles largement inférieur à celui du cours de Bourse des dernières semaines. Ainsi, l'État et Dongfeng sont entrés dans le capital de PSA à un cours de 7,50 euros par action. L'offre ouverte aux investisseurs se fait à un niveau encore inférieur de 6,77 euros. En clôture, lundi, le cours de PSA cotait ainsi 13,035 euros. Pour protéger les actionnaires minoritaires de ces décotes, plusieurs instruments ont été mis en place: des bons de souscription d'action (BSA), qui permettent d'acheter des actions à 7,50 euros, et des droits préférentiels de souscription (DPS), qui donnent la possibilité d'acheter les actions à 6,77 euros. Il est possible de céder sur les marchés financiers les BSA, depuis hier, et les DPS, à partir du 2 mai. Pour atteindre la parité avec l'État et Dongfeng, la famille Peugeot devra souscrire à hauteur de 142 millions d'euros à la seconde augmentation de capital. La famille devra ensuite être contrainte de vendre les droits non exercés: 53 millions de DPS seront ainsi cédés. Dans une étude récente, Exane BNP Paribas considère que chaque DPS vaut 1,76 euro. Sur cette base, la valeur des DPS cédés par FFP et EPF, les holdings familiaux des Peugeot, atteint 94 millions d'euros. Entre cette somme et l'investissement de 142 millions en actions nouvelles, la famille investira donc près de 48 millions d'euros à court terme. À plus long terme, la balance financière devrait être plus avantageuse. En effet, tous les BSA de la famille devront être cédés. Elle s'est cependant engagée à ne pas en vendre la première année, en céder au maximum 50 % la deuxième année et le solde la troisième. Mardi en clôture, le BSA cotait 1,59 euro. Les 89 millions de BSA détenus par la famille représentent une valeur de 142 millions d'euros. Le solde positif est donc de près de 95 millions d'euros. Ce gain dépendra cependant de l'évolution du cours des BSA, liée à celui de l'action PSA. La famille mise donc sur la réussite du redressement du constructeur

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