ça craint...

Publié le par UNSA

Sauver l'emploi en diminuant les effectifs; qui aurait dit que ce serait les héritiers du mite herrant qui diraient cela

Les constructeurs européens prêts à suivre l'exemple de Detroit :


    Presse

(Reuters) - Les constructeurs automobiles européens s'apprêtent - trois ans après leurs concurrents américains - à fermer des usines et à licencier massivement, processus qui, selon de nombreux acteurs du secteur, est enclenché bien tardivement.

En 2009, lorsque les Etats-Unis ont sauvé General Motors

GM et Chrysler de la faillite à condition qu'ils ferment des usines et réduisent drastiquement leurs effectifs pour retrouver la rentabilité, les pays européens avaient au contraire répondu à la chute de la demande par des mesures de soutien ponctuelles visant à préserver l'emploi dans l'espoir d'une reprise rapide.

Trois ans plus tard, en l'absence de signaux de sortie de crise, les constructeurs français et italiens, tout comme Opel, la filiale allemande de GM, et la branche européenne de Ford, rencontrent une résistance moins vive des dirigeants politiques et des syndicats à leurs plans qui visent à éviter le pire.

Les Etats n'ont plus d'argent pour renflouer le secteur et certains dirigeants syndicaux commencent à se dire qu'une baisse des effectifs aujourd'hui peut sauver des emplois plus tard.

Mais rares sont les observateurs qui pensent que les salariés de l'automobile, dont certains ont déjà été durement éprouvés, accueilleront ces restructurations sans résistance.

"Tout le monde a décidé que c'était le bon moment pour se lancer dans des transformations structurelles", souligne le consultant David Cole, ancien responsable du Center for Automotive Research d'Ann Arbor, dans le Michigan.

"Lorsqu'on s'aperçoit qu'une société peut disparaître, avec la totalité de ses emplois, on se dit peut-être qu'il vaut mieux en perdre 20%."

Les fermetures d'usines ne sont plus un "sujet tabou", comme ce fut le cas lorsque le secteur avait été confronté à la première crise après 2008, commente Laurent Petizon, du consultant AlixPartners, qui avait conseillé GM à l'époque de son redressemnt. "Il semble qu'il y ait une prise de conscience de plus en plus aigüe de la nécessité de s'occuper sérieusement de la question des surcapacités."

DES SORTS CONTRASTÉS

Trois ans après coupes radicales dans les effectifs exigées par l'administration Obama en échange de fonds publics, GM et Chrysler publient de bons résultats, malgré une demande qui n'arrive pas à renouer avec ses niveaux d'avant la crise aux Etats-Unis.

Le numéro un mondial General Motors, qui a perdu quatre marques, 14 usines aux Etats-Unis et 21.000 emplois, a publié un bénéfice record de 7,6 milliards de dollars (6,04 milliards d'euros) l'an dernier, tandis que Chrysler, désormais filiale de Fiat, a annoncé un bénéfice net de 183 millions de dollars, lui aussi après une cure d'austérité.

En Europe, où les Etats ont mis la main à la poche, sous forme de prêts, de primes à la casse et autres subventions, pour ne pas voir d'usines disparaître, la plupart des constructeurs automobiles semblent dans la tourmente.

PSA Peugeot Citroen, Renault et Fiat, ainsi que Ford Europe et Opel, ont beaucoup de mal à dégager encore des profits et bien souvent n'y n'arrivent pas.

Peugeot, en première ligne, a annoncé la suppression de plus de 10.000 emplois en France et engagé la première fermeture d'usine dans le pays depuis 20 ans. (voir ID:nL6E8ICB4G et

ID:nL6E8ICB4G )

Fiat, qui a fermé une usine en Italie l'an dernier, a prévenu qu'il en fermerait une autre, à moins qu'il n'arrive à construire des voitures compétitives pour le marché américain.

Renault a pris soin de ne pas écarter l'hypothèse d'une réduction de ses capacités. Quatre mois avant les annonces de Peugeot, le PDG de Renault Carlos Ghosn avait dit que si un concurrent choisissait la voie de la restructuration, tout le monde serait obligé de revoir sa stratégie.

Chez Opel, GM risque maintenant de frapper plus fort après l'éviction du président du directoire de sa filiale européenne Karl-Friedrich Stracke en juillet.

Ce dernier avait conclu un accord avec les syndicats, étendant le moratoire sur les licenciements jusqu'à la fermeture probable de l'usine Opel de Bochum en 2017.

Il est toutefois notable que les chefs d'Etat et de gouvernement sont loin de s'être systématiquement opposés au mouvement ambiant. Ainsi, les gouvernements européens ont souvent feint d'ignorer les réductions d'effectifs, pour autant qu'ils ne se traduisaient pas par des licenciements secs, souligne Ron Harbour, associé du consultant Oliver Wyman.

Les effectifs ont baissé de 9,6% chez Renault et de 7,6% chez Peugeot entre 2009 et 2011. Par contre, Fiat n'a pratiquement pas touché à ses effectifs en Italie, qui preésentent près de 63.000 postes.

Dans tous les cas, la manière douce n'a pas permis au secteur de s'aligner sur la baisse de 13% du marché en Europe occidentale sur la période considérée. "On s'est contenté de se refiler la patate chaude, mais on arrive au bout de l'exercice",

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