PORTRAIT-Tavares-De Renault à PSA, parcours d'un homme pressé:

Publié le par UNSA

* L'ancien N°2 de Renault voulait devenir N°1

* Il apporterait chez PSA son expérience de l'alliance Renault-Nissan

* Un tabou entre les deux constructeurs automobiles français est levé

 

PARIS, 25 novembre (Reuters) - En passant d'un constructeur automobile français à l'autre, Carlos Tavares empruntera un chemin inédit pour un cadre dirigeant du secteur en France, mais moins inattendu de la part d'un homme pressé.

Après avoir fait toute sa carrière chez Renault et Nissan, cet ingénieur centralien est pressenti pour succéder à Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën

"A ce niveau de responsabilité, c'est une première dans l'histoire automobile française", commente un bon connaisseur du secteur. "Ça s'est déjà vu entre PSA et Volkswagen, ou entre Volkswagen et Renault, mais il y avait une règle non écrite voulant qu'aucun des deux constructeurs en France ne débauche chez l'autre, dans un sens ou dans l'autre, car ça crée plus de désordre que d'harmonie".

Mais à 55 ans, Carlos Tavares aime l'imprévu. Il a lui-même provoqué en août son départ brutal de Renault en déclarant publiquement, à la stupeur générale, qu'il se verrait bien diriger un autre constructeur que Renault, où la place est prise par Carlos Ghosn, qui règne sans partage.

Si PSA lui offre cette opportunité, elle n'est pas non plus sans risque.

"Le groupe, qu'il soit dirigé par M. Varin ou M. Tavares, ne peut pas changer d'un coup de baguette magique la conjoncture économique ou la structure d'une entreprise qui produit deux fois plus de véhicules que Renault en France, où les coûts sont plus élevés", commente la Société générale dans une note.

Carlos Tavares dispose cependant de quelques atouts. Passionné de course automobile, artisan de la relance de la griffe Alpine, il a fait toute sa carrière dans le secteur et jouit d'emblée à ce titre d'une légitimité que Philippe Varin, venu de la sidérurgie, a du se forger au fil du temps.

Il apporte également son expérience de la galaxie Renault-Nissan, l'une des rares grandes alliances automobiles à avoir réussi, à un moment où PSA discute d'une prise de participation de Dongfeng dans son capital et cherche à internationaliser ses ventes à marche forcée.

Né à Lisbonne, Carlos Tavares a commencé sa carrière chez Renault en 1981. Vingt-trois ans plus tard, il a rejoint le partenaire Nissan, dont il est devenu le directeur Amériques, avant d'être propulsé directeur général délégué de Renault après la disgrâce de Patrick Pélata dans la fausse affaire d'espionnage qui a empoisonné le groupe en 2011.

Depuis août, l'arrivée de Carlos Tavares était signalée chez plusieurs autres constructeurs, notamment pour succéder à Ulrich Bez à la tête de la marque sportive Aston Martin.

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