PSA Peugeot Citroën officialise ses discussions avec le chinois Dongfeng:

Publié le par UNSA

Philippe Varin, le patron de PSA, s'exprime le 2 juillet 2013 dans une nouvelle usine montée avec son partenaire chinois Dongfeng, à Wuhan, dans la province chinoise du Hubei ( AFP/Archives / )

PSA Peugeot Citroën a confirmé jeudi négocier une arrivée du chinois Dongfeng à son capital, que pourrait soutenir son actuel allié américain General Motors, alors que la crise automobile en Europe et l'euro fort continuent de peser sur le constructeur français.

"PSA Peugeot Citroën confirme étudier des nouveaux projets de développement industriel et commercial avec différents partenaires, y compris Dongfeng Motor, ainsi qu'un projet d'augmentation de capital", selon un bref communiqué. Le premier groupe automobile français précise toutefois qu'"il n'y a aucun accord sur les termes d?une éventuelle opération". "Ces discussions sont à un stade préliminaire et aucune assurance ne peut être donnée quant à leur aboutissement."

PSA et Dongfeng ont déjà une coentreprise, DPCA, qui exploite trois usines à Wuhan (centre-est de la Chine) et le chinois a dit examiner l'opportunité d'une prise de participation chez son partenaire.

Infographie donnant les chiffres clés des 2e groupes automobiles européen et chinois ( AFP / )

La presse se fait l'écho depuis plusieurs mois d'une augmentation de capital, comprise entre 3 et 4 milliards d'euros, à laquelle participeraient Dongfeng et l'Etat français. La famille Peugeot, actionnaire historique de PSA et qui en détient aujourd'hui 25,4% du capital et 38,1% des droits de vote, en perdrait logiquement le contrôle. GM possède pour sa part 7% du capital.

Matignon assure suivre de "très près" une éventuelle entrée au capital du chinois, d'autant plus que l'Etat a apporté une garantie de 7 milliards d'euros pour la banque du constructeur.

PSA "restera français", a promis le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, renforçant l'idée que l'Etat ne laisserait pas Dongfeng entrer seul au capital du groupe. "PSA construit des alliances mondiales de long terme qui lui permettront de rebondir et d'acquérir la taille critique d'un constructeur mondial de premier plan", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, qui connaît bien PSA, a rappelé de son côté que "l'Etat est un acteur tout à fait impliqué dans une nouvelle phase de l'histoire de PSA mais bien sûr, c'est une société cotée et il appartient aux dirigeants de cette entreprise de nourrir ce changement".

Présentation le 2 juillet 2013 de la première voiture Elysée construite dans la nouvelle usine du groupe PSA Peugeot Citroën avec son partenaire chinois Dongfeng, à Wuhan, dans la province du Hubei ( AFP/Archives / AFP)

GM, qui sera bientôt dirigée par Mary Barra, serait prêt à soutenir l'arrivée d'un nouvel actionnaire, a fait savoir PSA. Les deux constructeurs, partenaires depuis février 2012, ont modifié les termes de leur contrat afin que "GM renonce à son droit de mettre fin (...) à l'Alliance dans l'éventualité d'une prise de participation de certains tiers au capital de Peugeot", a indiqué le groupe français.

"Dans cette hypothèse, GM exercerait les droits de vote attachés aux actions Peugeot S.A. alors en sa possession, pour voter en faveur de cette opération. Ceci prouve "le support que GM apporte à nos projets stratégiques", a souligné le directeur financier de PSA, Jean-Baptiste de Chatillon, lors d'une conférence téléphonique.

Situation toujours fragile

Une augmentation de capital paraît d'autant plus nécessaire que la situation du constructeur reste fragile. Il a averti jeudi que la "dégradation des marchés automobiles et de l'évolution des taux de change sur les zones Russie et Amérique latine" va entraîner une dépréciation d'environ 1,1 milliard d'euros en 2013. "Cela impactera le résultat opérationnel du groupe", a indiqué M. de Chatillon, qui a ajouté qu'il était trop tôt pour calculer l'impact sur le résultat net.

Le constructeur a essuyé en 2012 une perte nette historique de 5 milliards d'euros (dont 4,7 milliards de dépréciations d'actifs).

PSA confirme toutefois son objectif de réduire de moitié sa consommation de trésorerie opérationnelle sur l'année. Il maintient également ceux prévus pour l'année prochaine, qu'il escompte tenir en renforçant sa politique de "rationalisation, de réduction des coûts", sans impact supplémentaire sur l'emploi, selon la direction.

Le constructeur français a aussi revu en baisse ses ambitions dans le cadre de son alliance avec General Motors.

PSA a certes indiqué jeudi qu'il va produire dans son usine historique de Sochaux la remplaçante de l'Opel Zafira, pour le compte de la filiale allemande de GM et qu'ils vont développer un petit utilitaire léger. De plus, PSA fournira des moteurs diesel à son partenaire, a indiqué un porte-parole.

Mais les deux partenaires renoncent en revanche au projet initial de développer en commun une plateforme pour des petits modèles (du segment B), qui aurait généré des volumes importants de production.

Résultat, les synergies attendues de l'alliance ne sont plus que d'environ 1,2 milliard de dollars pour les deux groupes à partir de 2018, contre 2 milliards attendus jusqu'à présent.

"Nous allons produire plus de 700.000 véhicules par an dans cette alliance", a insisté cependant M. de Chatillon.

A la Bourse de Paris, les investisseurs ont très mal accueilli les annonces du constructeur, dont le cours chutait de 7,74% à 10,61 euros à 15H35. "Le projet à l'étude va entraîner une dilution énorme" pour les actionnaires existants, ce qui explique la dégringolade du titre, expliquait Tangi Le Liboux, analyste chez le courtier Aurel BGC

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