PSA : Secafi confirme la situation dramatique, mais sert aussi les syndicats

Publié le par UNSA

 

PARIS (AFP)--Loin de démentir la mauvaise santé de PSA, le rapport du cabinet d'experts Secafi sur la situation du groupe, dont le volet social a été remis mardi, a corroboré certains arguments du constructeur, mais a malgré tout livré des armes aux syndicats pour les négociations en cours sur le plan social.

A l'unanimité le 25 juillet, après l'annonce fracassante de 8.000 suppressions de postes et de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, le comité central d'entreprise (CCE) avait mandaté le cabinet pour analyser la situation du groupe et "la pertinence" de son projet.

Mardi, le cabinet a souligné le flou entourant les dispositifs et leur diminution. Selon lui, PSA a superposé deux procédures: un plan de départs volontaires lancé au 1er janvier 2012, et les 8.000 suppressions de postes, selon les syndicats.

Il a par ailleurs préconisé des améliorations d'accompagnement des salariés, via la création d'une banque d'heures mutualisées. Pour les seniors, le rapport envisage une cessation anticipée d'activité de 3 ans, selon la CGT.

Précédemment, Secafi avait évalué à la hausse des reclassements possibles à Aulnay, et estimé que les 1.400 suppressions de postes prévues pouvait être revues à la baisse à Rennes.

"Inévitablement, le volet sur Rennes est à utiliser, nous nous appuierons sur lui dans les négociations avec la direction", a commenté Christian Lafaye, délégué FO, mais "Secafi ne va pas sauver le groupe" et ses travaux ont mené aux mêmes conclusions qu'un rapport commandé par l'Etat.

Un rapport pour rien ?

Le 11 septembre, Emmanuel Sartorius, ingénieur des Mines sollicité par Arnaud Montebourg, avait vertement critiqué dans son rapport direction et actionnaires pour leur stratégie et leur manque de dialogue, des erreurs qui avaient rendu sa restructuration "urgente".

Devant ces conclusions, entérinées par le gouvernement, certains délégués syndicaux avaient alors exprimé leur intention de limiter sans attendre la casse du plan social, avec l'aide de l'Etat. D'autres avaient préféré suspendre leur position aux conclusions de Secafi, s'interrogeant sur l'ampleur du plan, et refusant d'aborder les départs tant que Secafi n'avait pas remis ses conclusions (attendues pour le 29 novembre).

Mais le 11 octobre, Secafi diagnostiquait les mêmes maux que Sartorius. Le cabinet évoquait la situation financière "tendue" voire "grave" de PSA, coupant ainsi l'herbe sous le pied de certains syndicats. Quelques jours plus tard, une majorité de syndicats demandait à la direction l'ouverture de négociations sur les mobilités externes, bloquées le temps de l'expertise de Secafi.

Alors, un nouveau rapport pour rien ?

"Il a fait remonter à la surface les erreurs stratégiques du groupe et va compter beaucoup pour éviter de reproduire ce gâchis", a commenté M. Lafaye.

"On ne reconnaît pas ses conclusions sur la situation financière", a indiqué mardi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, mais le rapport critique "les 6 milliards de dividendes et rachats d'actions qui pourraient aujourd'hui servir à garantir l'emploi pour tous".

"Le rapport Sartorius ne nous a pas donné autant de précisions ni de préconisations que Secafi, il ne nous a jamais dit que l'on pouvait sauver des emplois par exemple", a fait valoir Franck Don (CFTC).

"Nous allons étudier quels axes du rapport Secafi nous retiendrons, en plus de nos revendications sur la pénibilité et la formation", indique Ricardo Madeira (CFDT). "Nous attendons toujours les conclusions du rapport. Nous avons certes commencé à négocier avec la direction, mais cela ne signifie pas que nous sommes d'accord avec les 8.000 suppressions de postes", dit-il.

Le cabinet et les organisations doivent se réunir à nouveau pour "bâtir la marche à suivre", selon un syndicaliste, avant un CCE extraordinaire le 11 décembre qui donnera le coup d'envoi du plan social.

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